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Stellantis enregistre une perte nette historique de 22,3 milliards d'euros en 2025

Le logo de stellantisCrédits : Exploorer - Photo d'illustration - IA
Stellantis, le géant automobile italo-franco-américain, a récemment révélé une perte nette de 22,3 milliards d'euros pour l'année 2025. Cette annonce, faite le 26 février, représente la deuxième plus lourde perte jamais enregistrée par un groupe français, après celle de Vivendi en 2002. Cette débâcle financière est principalement attribuée à des charges exceptionnelles liées aux difficultés rencontrées sur le marché des véhicules électriques.

Une perte record liée aux défis de l'électrique


La perte de 22,3 milliards d'euros annoncée par Stellantis s'explique par des charges exceptionnelles de 25,4 milliards d'euros. Ces charges sont le résultat d'un plan de réduction de la production de véhicules électriques, dont les ventes ont été bien en deçà des attentes initiales. Le groupe a décidé de relancer des modèles à essence et diesel, une stratégie adoptée en réponse aux difficultés rencontrées sur le marché américain, où les ventes de véhicules électriques ont chuté, en partie à cause du manque de soutien de l'administration Trump.

Au second semestre de 2025, Stellantis a cependant enregistré une hausse de 10 % de son chiffre d'affaires, atteignant 2,8 millions de véhicules vendus, grâce à un rebond de 39 % des ventes aux États-Unis. Ce retournement est attribué à l'introduction de nouveaux modèles et à une augmentation des prix, bien que la situation demeure préoccupante pour le segment électrique.

Un contexte historique de pertes


Cette perte de 22,3 milliards d'euros est la deuxième plus importante jamais enregistrée par un groupe français, juste derrière le record de Vivendi, qui avait annoncé une perte de 23,3 milliards d'euros en 2002. D'autres groupes, tels que France Télécom et EDF, ont également connu des pertes significatives, mais celles-ci restent inférieures à celles de Stellantis. En comparaison, le précédent record pour un constructeur automobile français était détenu par Renault, avec une perte de 8 milliards d'euros en 2020.

Stellantis a également annoncé un désengagement de plusieurs projets dans le secteur de l'électrique, y compris la vente de sa participation de 49 % dans NextStar Energy, qui développe une gigafactory de batteries au Canada. De plus, le groupe envisage de se retirer de sa coentreprise avec Samsung, qui devait construire deux gigafactories aux États-Unis.

Un virage vers les modèles thermiques


Face à ces défis, Stellantis a décidé de relancer des modèles thermiques, y compris des véhicules diesel, tant aux États-Unis qu'en Europe. Le groupe a souligné qu'il n'y a pas de conflit entre diesel et innovation, affirmant qu'il est essentiel de répondre à la demande des clients. Actuellement, les ventes de véhicules 100 % électriques varient considérablement à travers le monde, représentant environ 50 % des ventes en Chine, seulement 8 % aux États-Unis et 20 % en Europe. Ces chiffres sont encore loin des objectifs ambitieux de l'Union européenne, qui vise 90 % de ventes de véhicules électriques d'ici 2035.

En 2022, Stellantis avait annoncé son intention de vendre 100 % de véhicules électriques en Europe et 50 % aux États-Unis d'ici 2030, mais la réalité du marché actuel a conduit à une réévaluation de ces objectifs.

Perspectives pour l'avenir


Malgré ces pertes, Stellantis a confirmé ses prévisions pour 2026, anticipant une amélioration progressive de son chiffre d'affaires net et un retour à une marge positive. Le groupe mise sur le lancement de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux États-Unis, pour stimuler ses ventes.