L'affaire Jeffrey Epstein continue de faire des vagues en France, touchant des personnalités de premier plan. Jack Lang, ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du monde arabe, est au cœur d'une enquête pour blanchiment de fraude fiscale. Alors que des perquisitions ont eu lieu à l'Institut et à son domicile, Lang se déclare serein et dénonce des accusations infondées.
Une enquête qui secoue l'Institut du monde arabe
L'enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) vise Jack Lang et sa fille, Caroline Lang, pour des soupçons de "blanchiment de fraude fiscale aggravée". Cette investigation fait suite à la publication de millions de documents liés à Jeffrey Epstein, le financier américain décédé en 2019, dont les activités criminelles ont été largement médiatisées. Le PNF a annoncé le 6 février 2026 l'ouverture de cette enquête, qui a conduit à des perquisitions à l'Institut du monde arabe, où Jack Lang a été président depuis 2013.
Les perquisitions, menées le 16 février, ont également touché d'autres lieux, y compris le domicile de Jack Lang à Paris. Selon des sources proches du dossier, ces actions visent à établir des liens financiers présumés entre Lang et Epstein. Malgré la gravité de la situation, Lang a exprimé sa confiance, déclarant : "Je suis totalement serein, confiant" et affirmant n'avoir "rien à cacher".
Des déclarations fermes de Jack Lang
Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, Jack Lang a affirmé être "blanc comme neige" et a dénoncé ce qu'il appelle "un tsunami de mensonges" médiatiques. Il a insisté sur le fait qu'il n'avait jamais eu connaissance des agissements criminels de Jeffrey Epstein. Lang a également précisé que les accusations portées contre lui étaient "infondées" et a exprimé sa volonté de coopérer avec la justice.
Les documents publiés par le ministère américain de la Justice mentionnent le nom de Jack Lang à 673 reprises dans des échanges avec Epstein, ce qui a suscité des interrogations sur ses relations avec le financier. Lang a cependant souligné qu'il n'avait reçu aucune rémunération ou bénéfice de ces interactions.
Les implications pour Caroline Lang
Caroline Lang, la fille de Jack Lang, est également impliquée dans cette affaire. Selon une enquête de Mediapart, elle aurait fondé en 2016 une société offshore avec Jeffrey Epstein, domiciliée aux îles Vierges américaines. Suite à ces révélations, elle a démissionné de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI). Dans ses déclarations, elle a qualifié Epstein de "connaissance" et a défendu l'idée de constituer un fonds pour l'acquisition d'œuvres d'art, tout en affirmant n'avoir perçu aucun bénéfice de cette initiative.
Les répercussions judiciaires en France
L'affaire Epstein a des répercussions plus larges en France, où le parquet de Paris a désigné des magistrats référents pour examiner d'éventuelles infractions impliquant des Français. Des enquêtes sont en cours concernant d'autres personnalités, dont un diplomate et un recruteur de mannequins, tous liés à Epstein.
Le parquet a également annoncé une réanalyse intégrale du dossier de Jean-Luc Brunel, un ancien agent de mannequins décédé en détention en 2022, dont les liens avec Epstein sont sous enquête. Les faits potentiels examinés incluent des infractions de nature sexuelle et financière.
Un avenir incertain pour l'Institut du monde arabe
Alors que Jack Lang fait ses adieux à l'Institut du monde arabe, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a commencé à recevoir des candidats pour le remplacer. La situation actuelle soulève des questions sur l'avenir de l'institution et sur la manière dont elle sera perçue à la lumière de ces révélations.