La SNCF a récemment introduit une nouvelle offre de voyage, la classe Optimum, qui exclut les enfants de moins de 12 ans. Cette initiative, présentée comme un moyen d'assurer un confort maximal aux passagers, a rapidement suscité des critiques, notamment de la part de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'enfance, qui a qualifié cette décision de choquante.
La SNCF a lancé le 8 janvier 2025 sa nouvelle classe Optimum, qui se veut un espace de confort pour les voyageurs, mais qui exclut les enfants de moins de 12 ans. Cette décision a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux, où de nombreux utilisateurs ont exprimé leur indignation face à ce qu'ils considèrent comme une tendance croissante du "no kids".
Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'enfance, a été l'une des premières à réagir, qualifiant cette initiative de "brutale" pour les familles. Elle a déclaré sur BFM TV que cela donne l'impression que "le confort des adultes passe par l'absence d'enfants". Cette exclusion des enfants a été justifiée par la SNCF par la nécessité de garantir un "maximum de confort à bord". Sur leur site, la SNCF précise que "les enfants ne sont pas acceptés" dans cette classe, tandis que les animaux de compagnie sont les bienvenus.
La polémique a pris de l'ampleur, avec des réactions variées sur les réseaux sociaux. Judith Duportail, journaliste, a commenté : "Interdire un wagon aux enfants, c'est aussi en exclure les mères, sans aucune honte. Est-ce que bientôt on aura plus le droit de sortir de chez nous avec un enfant ?". De son côté, Mélanie Bilodeau, psychoéducatrice spécialisée, a souligné que les adultes peuvent également être source de désagrément dans les transports, en évoquant les comportements bruyants de certains passagers.
Sarah El Haïry a également ajouté qu'il est essentiel de "développer des espaces aménagés pour les familles" plutôt que de les exclure. Elle a insisté sur le fait que voyager avec des enfants n'est pas un problème à corriger, mais une réalité à accompagner.
Pour sa défense, la SNCF a précisé que cette classe Optimum ne représente que 8 % de l'espace des TGV et qu'elle n'est pas une nouveauté, car une offre similaire existait déjà dans leur classe Business Première. Gaëlle Babault, directrice des offres TGV Inoui, a affirmé que "non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV" et que cette classe est ouverte à tous à partir de 12 ans.
La SNCF a également modifié la présentation de son offre sur son site, indiquant désormais que "cet espace calme est accessible à partir de 12 ans" tout en précisant que les plus petits sont les bienvenus dans le reste du train. Cette clarification vise à apaiser les tensions suscitées par cette nouvelle politique.
La tendance à créer des espaces sans enfants dans les transports publics soulève des questions sur l'inclusivité et le traitement des familles dans la société moderne. Alors que certains voyageurs recherchent un confort accru, d'autres estiment que cette approche pourrait nuire à l'expérience des familles voyageant avec de jeunes enfants.
Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'enfance, a été l'une des premières à réagir, qualifiant cette initiative de "brutale" pour les familles. Elle a déclaré sur BFM TV que cela donne l'impression que "le confort des adultes passe par l'absence d'enfants". Cette exclusion des enfants a été justifiée par la SNCF par la nécessité de garantir un "maximum de confort à bord". Sur leur site, la SNCF précise que "les enfants ne sont pas acceptés" dans cette classe, tandis que les animaux de compagnie sont les bienvenus.
La polémique a pris de l'ampleur, avec des réactions variées sur les réseaux sociaux. Judith Duportail, journaliste, a commenté : "Interdire un wagon aux enfants, c'est aussi en exclure les mères, sans aucune honte. Est-ce que bientôt on aura plus le droit de sortir de chez nous avec un enfant ?". De son côté, Mélanie Bilodeau, psychoéducatrice spécialisée, a souligné que les adultes peuvent également être source de désagrément dans les transports, en évoquant les comportements bruyants de certains passagers.
Sarah El Haïry a également ajouté qu'il est essentiel de "développer des espaces aménagés pour les familles" plutôt que de les exclure. Elle a insisté sur le fait que voyager avec des enfants n'est pas un problème à corriger, mais une réalité à accompagner.
Pour sa défense, la SNCF a précisé que cette classe Optimum ne représente que 8 % de l'espace des TGV et qu'elle n'est pas une nouveauté, car une offre similaire existait déjà dans leur classe Business Première. Gaëlle Babault, directrice des offres TGV Inoui, a affirmé que "non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV" et que cette classe est ouverte à tous à partir de 12 ans.
La SNCF a également modifié la présentation de son offre sur son site, indiquant désormais que "cet espace calme est accessible à partir de 12 ans" tout en précisant que les plus petits sont les bienvenus dans le reste du train. Cette clarification vise à apaiser les tensions suscitées par cette nouvelle politique.
La tendance à créer des espaces sans enfants dans les transports publics soulève des questions sur l'inclusivité et le traitement des familles dans la société moderne. Alors que certains voyageurs recherchent un confort accru, d'autres estiment que cette approche pourrait nuire à l'expérience des familles voyageant avec de jeunes enfants.
On va plus loin
Est-ce légal d'exclure une classe d'âge d'un transport en commun (serions-nous prêts à accepter d'exclure des personnes âgées au motif qu'elles sont lentes et nous empêchent de nous déplacer en cours de voyage pour aller au wagon bar, par exemple) ?
En droit français, le principe général est celui de la non-discrimination dans l’accès aux services, inscrit notamment dans l’article 225-1 du Code pénal, qui prohibe les discriminations fondées sur l’âge. Toutefois, ce principe connaît des exceptions lorsqu’une différence de traitement repose sur un objectif légitime et proportionné. Dans le domaine des transports, les opérateurs peuvent proposer des offres différenciées, à condition que l’accès au service public de base reste garanti.
La SNCF s’appuie sur cette logique : la classe Optimum ne supprime pas l’accès des enfants aux trains, mais crée une catégorie tarifaire spécifique, limitée à une partie du train (environ 8 % de l’espace). Le Défenseur des droits rappelle régulièrement que « la différenciation n’est pas nécessairement une discrimination dès lors qu’elle est justifiée par la nature du service et proportionnée à l’objectif poursuivi ».
La comparaison avec l’exclusion hypothétique des personnes âgées illustre toutefois une ligne de crête juridique et symbolique. Si l’âge devient un critère d’exclusion systématique et non compensé par des alternatives équivalentes, le risque de discrimination indirecte augmente. Le débat porte donc moins sur la légalité stricto sensu que sur l’équilibre entre logique commerciale, service public et principes d’égalité d’accès.
La SNCF s’appuie sur cette logique : la classe Optimum ne supprime pas l’accès des enfants aux trains, mais crée une catégorie tarifaire spécifique, limitée à une partie du train (environ 8 % de l’espace). Le Défenseur des droits rappelle régulièrement que « la différenciation n’est pas nécessairement une discrimination dès lors qu’elle est justifiée par la nature du service et proportionnée à l’objectif poursuivi ».
La comparaison avec l’exclusion hypothétique des personnes âgées illustre toutefois une ligne de crête juridique et symbolique. Si l’âge devient un critère d’exclusion systématique et non compensé par des alternatives équivalentes, le risque de discrimination indirecte augmente. Le débat porte donc moins sur la légalité stricto sensu que sur l’équilibre entre logique commerciale, service public et principes d’égalité d’accès.
D'autres pays ou compagnies appliquent-ils cette règle et, si oui, comment cela fonctionne-t-il et comment cela est-il perçu ?
Les espaces « sans enfants » existent déjà dans plusieurs pays, principalement sous la forme de zones calmes plutôt que d’interdictions explicites. En Allemagne, la Deutsche Bahn propose depuis les années 2000 des « Ruhebereiche » (zones silencieuses), accessibles à tous mais assorties de règles strictes sur le bruit. Les familles y sont déconseillées sans être formellement exclues.
Au Japon, les trains à grande vitesse Shinkansen disposent de voitures réservées au calme ou au travail, tandis que d’autres wagons sont explicitement pensés pour les familles, notamment pendant les périodes de vacances. Cette segmentation est généralement bien acceptée, car elle repose sur une répartition fonctionnelle plutôt que sur une exclusion catégorielle.
Dans le transport aérien, certaines compagnies asiatiques (Malaysia Airlines, AirAsia X) ou low-cost européennes ont testé des zones « child-free ». Ces initiatives ont suscité des réactions contrastées : appréciées par une partie des voyageurs d’affaires, elles ont aussi été critiquées pour leur dimension socialement clivante.
Les comparaisons internationales montrent que l’acceptabilité dépend largement du vocabulaire utilisé (zone calme plutôt qu’interdiction), de la proportion concernée et de l’existence d’alternatives clairement identifiées pour les familles.
Au Japon, les trains à grande vitesse Shinkansen disposent de voitures réservées au calme ou au travail, tandis que d’autres wagons sont explicitement pensés pour les familles, notamment pendant les périodes de vacances. Cette segmentation est généralement bien acceptée, car elle repose sur une répartition fonctionnelle plutôt que sur une exclusion catégorielle.
Dans le transport aérien, certaines compagnies asiatiques (Malaysia Airlines, AirAsia X) ou low-cost européennes ont testé des zones « child-free ». Ces initiatives ont suscité des réactions contrastées : appréciées par une partie des voyageurs d’affaires, elles ont aussi été critiquées pour leur dimension socialement clivante.
Les comparaisons internationales montrent que l’acceptabilité dépend largement du vocabulaire utilisé (zone calme plutôt qu’interdiction), de la proportion concernée et de l’existence d’alternatives clairement identifiées pour les familles.
Quelles sanctions sont prévues lorsqu'un passager (adulte ou enfant) fait trop de bruit dans un train ? Quels sont les précédents et comment cela est-il géré ?
Le règlement des transports ferroviaires français prévoit des obligations de comportement pour tous les passagers, sans distinction d’âge. Le règlement intérieur de la SNCF impose de « ne pas troubler la tranquillité des autres voyageurs », notamment par des nuisances sonores excessives. En cas de non-respect, les agents peuvent intervenir de manière graduée.
La première étape consiste généralement en un rappel à l’ordre verbal. Si le trouble persiste, l’agent peut demander au passager de changer de place ou de wagon. Dans les cas les plus sérieux, un procès-verbal peut être dressé pour « comportement gênant », une infraction passible d’une amende forfaitaire pouvant atteindre 150 euros.
Les précédents concernent majoritairement des adultes : conversations téléphoniques bruyantes, musique sans écouteurs ou état d’ivresse. Les enfants ne peuvent pas être sanctionnés directement, mais leurs accompagnants sont responsables de leur comportement. Dans certains cas médiatisés, des familles ont été déplacées vers des espaces plus adaptés.
La gestion repose donc moins sur la sanction que sur la régulation humaine et contextuelle, laissant aux contrôleurs une large marge d’appréciation pour préserver à la fois le confort collectif et la fluidité du voyage.
La première étape consiste généralement en un rappel à l’ordre verbal. Si le trouble persiste, l’agent peut demander au passager de changer de place ou de wagon. Dans les cas les plus sérieux, un procès-verbal peut être dressé pour « comportement gênant », une infraction passible d’une amende forfaitaire pouvant atteindre 150 euros.
Les précédents concernent majoritairement des adultes : conversations téléphoniques bruyantes, musique sans écouteurs ou état d’ivresse. Les enfants ne peuvent pas être sanctionnés directement, mais leurs accompagnants sont responsables de leur comportement. Dans certains cas médiatisés, des familles ont été déplacées vers des espaces plus adaptés.
La gestion repose donc moins sur la sanction que sur la régulation humaine et contextuelle, laissant aux contrôleurs une large marge d’appréciation pour préserver à la fois le confort collectif et la fluidité du voyage.