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El Mencho : le baron de la drogue qui a plongé le Mexique dans la violence

El Mencho, photo diffusée pour annoncer la récompense de 15 000 000$ à celui ou celle qui permettrait son arrestation.Crédits : Exploorer - El Mencho
Nemesio Oseguera Cervantes, surnommé El Mencho, a été tué lors d'une opération militaire au Mexique, marquant la fin d'une ère pour l'un des cartels de drogue les plus puissants et violents du pays. Son cartel, le Jalisco Nueva Generacion (CJNG), est responsable d'une grande partie des violences qui secouent le Mexique depuis des années. Cet article explore la vie d'El Mencho, son ascension au pouvoir et les conséquences de sa mort sur la situation sécuritaire au Mexique.

Un parcours marqué par la violence


Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan, Nemesio Oseguera a grandi dans un environnement où la culture du cannabis était répandue. Après avoir abandonné l'école, il a émigré aux États-Unis, où il a été condamné pour trafic d'héroïne. De retour au Mexique, il a rejoint le cartel del Milenio avant de fonder en 2009 le cartel Jalisco Nueva Generacion, connu pour sa brutalité.

Le CJNG a rapidement pris de l'ampleur, devenant l'une des organisations criminelles les plus redoutées au monde. Selon le quotidien mexicain La Jornada, il est classé comme la troisième organisation criminelle la plus dangereuse, juste derrière la mafia russe et les triades chinoises.

El Mencho a orchestré des actes de violence extrême, notamment le massacre de 35 personnes en 2011, et a été impliqué dans des crimes variés, allant du trafic de drogues à l'extorsion. En 2025, le département d'État américain a désigné le CJNG comme organisation terroriste, soulignant son caractère transnational et sa présence dans presque tout le Mexique.

Une mort qui résonne à travers le pays


La mort d'El Mencho, survenue lors d'une opération militaire soutenue par les États-Unis, a provoqué une flambée de violences à travers le Mexique. Les autorités ont signalé une augmentation des attaques et des représailles de la part de ses partisans, illustrant l'impact immédiat de sa disparition sur la sécurité nationale.

Le ministère des Affaires étrangères français a même appelé ses ressortissants à faire preuve de la plus grande prudence, soulignant la gravité de la situation. Les violences liées aux cartels ont déjà causé plus de 450 000 morts et 100 000 disparus au Mexique depuis 2006, et la mort d'El Mencho pourrait aggraver cette crise.

Un homme de l'ombre


Malgré son statut de baron de la drogue, El Mencho était connu pour sa discrétion. Peu d'images de lui circulent, et il évitait de s'exposer publiquement. Selon des experts comme José Reveles, il était décrit comme un homme froid et calculateur, loin des clichés de luxe souvent associés aux trafiquants de drogue.

Divorcé, il avait trois enfants, dont un fils, surnommé El Menchito, actuellement incarcéré aux États-Unis. Son ex-épouse, Rosalinda González Valencia, surnommée La Jefa, est également liée à des activités criminelles.

Les conséquences de sa disparition


La mort d'El Mencho pourrait entraîner une lutte de pouvoir au sein du CJNG, avec des factions rivales cherchant à prendre le contrôle. Les experts s'inquiètent d'une possible intensification des violences alors que des groupes criminels tentent de combler le vide laissé par sa disparition.

Les autorités mexicaines devront faire face à un défi majeur pour maintenir l'ordre et la sécurité dans un pays déjà en proie à des violences endémiques. La situation reste volatile, et les répercussions de la mort d'El Mencho pourraient se faire sentir pendant des années.