Face à une problématique de plus en plus préoccupante, le gouvernement français a dévoilé un plan de lutte contre l'infertilité, visant à sensibiliser la population et à améliorer les conditions de conception. Ce plan, qui touche plus de trois millions de personnes en France, a été présenté par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et inclut plusieurs mesures concrètes.
Un plan attendu pour une problématique croissante
Promis par Emmanuel Macron, le plan contre l'infertilité a enfin été dévoilé, après des années d'attente. Selon le rapport de 2022, l'infertilité touche environ 3,3 millions de Français. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a souligné que « les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » pour permettre le lancement de mesures concrètes. Ce plan vise à répondre à une demande croissante de la population, qui souhaite des solutions face à des difficultés de conception.
Une campagne de sensibilisation ciblée
L'une des mesures phares de ce plan est l'envoi d'un message à tous les Français lors de leur 29ème anniversaire. Ce message a pour but de sensibiliser les jeunes adultes aux enjeux de la fertilité, sans exercer de pression. Stéphanie Rist a précisé que « le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou à quel âge », mais plutôt d'éviter que des personnes regrettent de ne pas avoir été informées plus tôt.
Faciliter la congélation d'ovocytes
Le gouvernement prévoit également d'augmenter les possibilités de congélation d'ovocytes, une option rendue possible par la loi bioéthique de 2021. Actuellement, les délais d'attente pour cette procédure sont longs, et le ministère de la Santé souhaite habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements d'ici 2028 pour faciliter l'accès à cette option. Bien que le secteur privé soit envisagé, la ministre a assuré que la procédure resterait gratuite et sans « logique marchande ».
Prise en charge des troubles liés à l'infertilité
Le plan inclut également une meilleure prise en charge des troubles tels que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui affecte de nombreuses femmes et contribue à l'infertilité. Alors que l'endométriose bénéficie déjà d'un plan gouvernemental, le SOPK a longtemps été négligé dans les discours publics.
Réactions des acteurs concernés
L'annonce de ce plan a été accueillie positivement par le collectif BAMP, qui regroupe des personnes infertiles ou en cours de procréation médicalement assistée (PMA). Sa présidente, Virginie Rio, a déclaré : « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité », tout en soulignant qu'il reste encore « beaucoup de travail » à accomplir.
Un avenir à construire
En parallèle de ce plan, le ministère de la Santé travaille également sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France affiche des taux de mortalité infantile et maternelle supérieurs à ceux de nombreux pays européens. Le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux, auteurs du rapport de 2022, piloteront ce plan, qui marque un tournant dans la prise en charge de l'infertilité en France.